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La sculpture Moving Sentinel de Beverly Pepper ressemble à un corps humain et reflète les mouvements des passants

Beverly Pepper
Moving Sentinel, 1987

Spectateur ou sculpture, qui est le plus présent ?

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Par rapport à ses autres sculptures monumentales, souvent installées en plein air, Moving Sentinel d’ING est peut-être effectivement une œuvre d’un format convenant mieux à un intérieur domestique. Du moins pour ceux qui connaissent l’œuvre de Pepper.

Car pour la plupart d’entre nous, son nom n’évoquera pas grand-chose. Une femme artiste qui s’attaque à des matériaux massifs comme de l’acier Corten, armée d’un marteau-piqueur ou d’une tronçonneuse, est – ou plutôt était – nécessairement mal perçue. Et cela vaut donc d’autant plus la peine de s’arrêter devant Moving Sentinel.

Ce qui, au premier regard, passe pour une tour vacillante faite de blocs de construction, tient en réalité d’un corps humain : nous y distinguons la forme d’une colonne vertébrale. Une épine dorsale creuse, par les interstices de laquelle nous distinguons l’éclat bleu de l’intérieur émaillé.

Si l’on traduit littéralement le titre de la sculpture, on se heurte d’ailleurs à une « sentinelle mobile » : un paradoxe. La statue est souvent très judicieusement installée dans un coin à l’entrée de l’étage de la direction. Comme il sied à une sentinelle, elle balaie continuellement l’espace. Ce n’est pas la matière éblouissante de l’acier qui domine, mais les reflets des visiteurs de passage sur la surface parfaitement lisse.

L’art contemporain n’est donc pas dénué de sens philosophique.